Échantillon d'audit accessibilité : pourquoi il fixe votre taux
En Bref : L'essentiel à retenir
- Le taux de conformité décrit l'échantillon audité, jamais l'ensemble de votre site.
- La méthode DINUM impose sept pages obligatoires, plus au moins 10 % de pages tirées au hasard.
- Un critère n'est validé que s'il passe sur toutes les pages : une seule page en échec le fait tomber.
- Le W3C a publié WCAG-EM 2.0 le 23 juillet 2026, étendu aux applications natives et aux bornes.
- Un outil prépare l'échantillon. Il ne décide ni le périmètre ni la représentativité.
Vous devez publier une déclaration d'accessibilité, et la première question vous bloque déjà : quelles pages faut-il auditer, et combien ? Auditer un site entier devient impossible dès quelques centaines d'URL, et aucun texte ne vous donne de chiffre magique.
Cet article détaille la composition d'un échantillon selon la méthode française, ce qu'ajoute la nouvelle méthodologie du W3C publiée en juillet 2026, et l'effet direct de vos choix sur le taux que vous allez afficher. À la fin, vous saurez constituer un échantillon défendable et expliquer pourquoi deux audits honnêtes du même site peuvent aboutir à deux taux différents.
Important
Cet article est une information pratique et non un conseil juridique. Pour votre situation précise, consultez un professionnel qualifié.
Ce qu'est un échantillon d'audit, et pourquoi ce n'est pas votre site
Un audit de conformité ne porte jamais sur la totalité d'un service en ligne. Il porte sur une sélection de pages censée représenter la diversité réelle de ce service.
Le RGAA 4.1.2 (avril 2023) le formule directement : la sélection des pages auditées et leur nombre doivent être représentatifs du service de communication au public en ligne, et le nombre de visiteurs par page est notamment pris en compte lors de la constitution de l'échantillon (DINUM, évaluation de la conformité).
La conséquence est rarement énoncée. Le taux que vous publierez est une mesure de cet échantillon. Il ne dit rien de garanti sur les pages que vous n'avez pas regardées. Ce n'est pas un défaut de la méthode, c'est son principe : un audit est un sondage, pas un recensement.
Les sept pages obligatoires de l'échantillon RGAA
La méthode française ne vous laisse pas libre sur le noyau de l'échantillon. Sept pages doivent y figurer quand elles existent :
| Page obligatoire | Ce que le RGAA vise |
|---|---|
| Accueil | Le point d'entrée principal du service |
| Contact | Les moyens de joindre l'organisme |
| Mentions légales | La page de mentions légales |
| Accessibilité | La page portant la déclaration |
| Plan du site | L'arborescence du service |
| Aide | La page d'aide |
| Authentification | La page de connexion |
À ces pages s'ajoutent vos pages représentatives (gabarits de contenu, formulaires, tableaux de données, contenus multimédias), puis un tirage supplémentaire : des pages sélectionnées au hasard représentant au moins 10 % des pages de l'échantillon précédent.
Ce tirage aléatoire n'est pas une formalité administrative. C'est le seul mécanisme qui vous empêche de n'auditer que les pages déjà soignées.
Pourquoi agrandir l'échantillon fait généralement baisser le taux
Voici la mécanique que la plupart des guides passent sous silence. Le RGAA pose deux règles qui se combinent :
- Le pourcentage de critères respectés s'obtient en divisant le nombre de critères validés par le nombre de critères applicables.
- Un critère est validé s'il est validé sur toutes les pages de l'échantillon. Invalidé sur une seule page, il ne peut pas compter comme valide.
Prenez le numérateur seul. Ajouter une page ne peut jamais faire gagner un critère : s'il échouait déjà quelque part, la page fautive reste dans l'échantillon. La nouvelle page, elle, peut faire tomber un critère qui passait partout ailleurs. Le nombre de critères validés ne peut donc que baisser ou rester stable.
La nuance qui compte. Le taux global n'est pas strictement décroissant pour autant, parce que le dénominateur bouge aussi. Une page qui introduit votre première vidéo rend applicables des critères qui ne l'étaient pas. S'ils passent, numérateur et dénominateur augmentent ensemble et le taux peut légèrement monter.
Retenez donc la version exacte plutôt que le raccourci : à ensemble de critères applicables constant, agrandir l'échantillon ne peut que faire baisser ou maintenir votre taux. Il ne remonte que si les pages ajoutées font entrer de nouveaux critères qui, eux, sont respectés.
Deux conséquences pratiques :
- Un taux obtenu sur un échantillon minimal n'est pas comparable à un taux obtenu sur un échantillon large. Publiez la composition de votre échantillon à côté du taux.
- Un échantillon volontairement étroit produit un meilleur chiffre sans rien améliorer pour vos utilisateurs. C'est la faille à surveiller quand vous lisez le taux annoncé par un tiers.
WCAG-EM 2.0 : ce que la méthode du W3C ajoute depuis juillet 2026
Le W3C a publié la WCAG Evaluation Methodology (WCAG-EM) 2.0 le 23 juillet 2026, sous forme de W3C Group Note. La version précédente datait de 2014, ce qui explique que la plupart des ressources francophones décrivent encore la 1.0.
La méthode conserve cinq étapes : définir le périmètre d'évaluation, explorer le produit, sélectionner un échantillon représentatif, évaluer cet échantillon, puis restituer les résultats.
Sur l'échantillonnage, elle demande un échantillon structuré couvrant les vues courantes, les fonctionnalités essentielles, les types de contenus et les technologies utilisées, complété par un tirage aléatoire de 10 % de l'échantillon structuré. Le parallèle avec la règle française des 10 % est frappant.
Deux différences méritent votre attention :
- WCAG-EM 2.0 n'impose pas explicitement d'inclure la page d'accueil ou la page de contact. La méthode DINUM, elle, les rend obligatoires. Pour une déclaration RGAA, c'est la méthode française qui fait foi.
- La 2.0 sort du web. Elle traite désormais les applications natives, hybrides et multiplateformes, ainsi que les interfaces de bornes, de terminaux libre-service et de décodeurs, qui exigent d'identifier les écrans autrement que par une URL.
Ce second point comble un manque réel. L'European Accessibility Act (directive 2019/882, applicable depuis le 28 juin 2025) couvre explicitement les bornes interactives et terminaux libre-service, alors que le RGAA reste construit autour de pages web. Jusqu'ici, aucune méthode d'échantillonnage officielle ne disait comment auditer un parc de bornes.
Quelle méthode d'échantillonnage appliquer selon votre produit
| Votre produit | Méthode | Pourquoi |
|---|---|---|
| Site web, déclaration RGAA | Méthode DINUM | Seule méthode opposable en France |
| Application mobile sous EAA | WCAG-EM 2.0 | Le RGAA n'outille pas le hors-web |
| Borne, terminal libre-service | WCAG-EM 2.0 | Section dédiée, écrans sans URL |
| Audit international | WCAG-EM 2.0 | Reconnue hors du cadre français |
Les deux méthodes se complètent plus qu'elles ne s'opposent. Pour un site web français, partez de la méthode DINUM et servez-vous de WCAG-EM 2.0 comme grille de relecture sur le dimensionnement.
Ce qu'un outil prépare, ce qu'il ne décide pas
L'échantillonnage se prête bien à l'automatisation, jusqu'à un certain point. Un outil sait faire le travail mécanique :
- lire le sitemap et découvrir les URL réellement publiées ;
- repérer les candidates aux sept pages obligatoires via leurs adresses et les liens de pied de page ;
- regrouper les pages par signature de gabarit, pour éviter d'auditer quinze fois la même mise en page ;
- effectuer le tirage aléatoire des 10 %.
Trois décisions restent hors de portée d'un algorithme, et ce sont précisément celles qui engagent votre déclaration :
- Le périmètre. Un sous-domaine applicatif fait-il partie du même service ? Question d'organisation, pas de code.
- La représentativité réelle. Deux pages au gabarit identique peuvent porter des contenus très différents : un tableau de données complexe d'un côté, trois paragraphes de l'autre.
- Le niveau de confiance visé. WCAG-EM 2.0 rappelle qu'aucune taille minimale n'est imposée et que le dimensionnement dépend de la taille, de l'âge, de la complexité et de la régularité du produit, ainsi que de la confiance recherchée.
C'est la logique de notre assistant d'échantillon : il propose une composition, signale honnêtement les pages obligatoires trouvées, à confirmer ou manquantes, et vous laisse trancher. Un scan automatisé détecte une partie des anomalies, jamais la totalité, puisque environ 60 % des critères RGAA applicables exigent une vérification humaine. Un score reste un jalon dans un parcours de mise en conformité, jamais une déclaration de conformité.
Conclusion
L'échantillon n'est pas une formalité préalable à l'audit, c'est la décision qui détermine ce que votre taux veut dire. Composez-le à partir des sept pages obligatoires, complétez-le par vos gabarits réels, respectez le tirage aléatoire, et publiez sa composition à côté du chiffre. Si votre périmètre déborde du web, WCAG-EM 2.0 vous donne depuis juillet 2026 la méthode qui manquait.
Pour la suite du parcours, voir améliorer l'accessibilité d'un site existant et rédiger une déclaration d'accessibilité conforme. Le générateur de déclaration d'accessibilité reprend la structure attendue par la DINUM, et vous pouvez analyser une première page pour repérer les anomalies détectables automatiquement avant de constituer votre échantillon.
Questions fréquentes
Combien de pages faut-il dans un échantillon d'audit RGAA ?
Aucun texte n'impose de nombre. Le RGAA exige un échantillon représentatif incluant les sept pages obligatoires quand elles existent, vos pages représentatives, puis au moins 10 % de pages tirées au hasard. WCAG-EM 2.0 confirme l'absence de minimum et fait dépendre la taille de la taille du produit, de son âge, de sa complexité, de sa régularité et du niveau de confiance visé.
Deux audits du même site peuvent-ils donner deux taux différents ?
Oui, sans que ni l'un ni l'autre ne soit malhonnête. Le taux porte sur l'échantillon audité, et deux échantillons différents produisent deux mesures différentes. C'est la raison pour laquelle publier la composition de l'échantillon compte autant que publier le taux.
Faut-il suivre WCAG-EM 2.0 ou la méthode DINUM en France ?
Pour une déclaration d'accessibilité portant sur un site web, la méthode DINUM fait foi. WCAG-EM 2.0 devient utile pour les produits que le RGAA n'outille pas : applications natives, bornes et terminaux libre-service couverts par l'European Accessibility Act.
Guides RGAA associés
Pour aller plus loin sur les sujets abordés dans cet article, consultez nos fiches techniques :
Chaque champ de formulaire doit avoir une étiquette (label) qui lui est liée explicitement.
L'intitulé de chaque lien doit permettre de comprendre sa destination ou sa fonction, soit par l'intitulé seul, soit par l'intitulé complété par son contexte (phrase, titre de section, item de liste ou cellule de tableau).
Chaque image porteuse d'information doit avoir une alternative textuelle pertinente via l'attribut alt. Les images décoratives doivent avoir un attribut alt vide.
Vidéos RGAA sur ce thème
Pour voir ces sujets en action, regardez les épisodes vidéo correspondants :
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