RGAA Checker vs Ara : saisir un audit ou l'instruire ?
En Bref : L'essentiel à retenir
- Ara est l'outil de saisie et de restitution d'audit de la DINUM : il structure le relevé et produit la déclaration, il ne teste pas les pages.
- RGAA Checker instruit le dossier en amont : 8 critères tranchés automatiquement, 65 pré-vérifiés, 33 laissés à l'auditeur.
- Ce ne sont pas des concurrents : l'un est un outil de saisie, l'autre un outil d'instruction. Beaucoup d'équipes publiques utilisent les deux.
- Si vous avez un auditeur certifié et du temps, Ara seul suffit : nous n'apportons rien qu'un expert ne sache faire.
La comparaison entre Ara et RGAA Checker revient souvent, et elle repose sur un malentendu : les deux outils n'interviennent pas au même moment du même processus. Poser la question en termes de concurrence conduit à choisir mal.
Ara est l'outil d'audit d'accessibilité de la DINUM, gratuit et développé par le service public. RGAA Checker est un outil commercial d'analyse automatisée. Voici ce que chacun fait réellement, et dans quel cas l'un suffit.
Ce que fait Ara
Ara couvre la partie saisie et restitution d'un audit. Concrètement, il présente la grille des critères, enregistre vos verdicts critère par critère et page par page, gère l'échantillon, et produit en sortie la déclaration d'accessibilité au modèle officiel ainsi que le rapport d'audit.
C'est un outil solide et bien conçu pour ce travail, il est gratuit, et il est édité par l'administration qui publie le référentiel. Pour une structure publique, ce dernier point n'est pas anecdotique.
Ce qu'Ara ne fait pas, et ne cherche pas à faire : il ne teste pas vos pages. Quand vous inscrivez qu'un contraste est conforme, Ara enregistre votre verdict. Le relevé lui-même, l'ouverture des pages, l'inspection du code, les tests au clavier et au lecteur d'écran, reste entièrement à votre charge.
Ce que fait RGAA Checker
Notre outil intervient avant la saisie. Il analyse les pages et vous rend un relevé partiellement instruit.
Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2 :
- 8 critères sont tranchés automatiquement, avec un résultat définitif ;
- 65 sont pré-vérifiés : nous détectons l'anomalie structurelle, la pertinence reste à juger ;
- 33 relèvent exclusivement de l'humain, et nous vous accompagnons avec une consigne de contrôle plutôt qu'un verdict.
Rapporté aux seuls critères réellement applicables à une page donnée, environ 60 % du travail reste manuel. Nous ne prononçons pas la conformité et une anomalie détectée n'est pas une non-conformité établie : c'est un point à vérifier.
Deux moments d'un même processus
| Ara (DINUM) | RGAA Checker | |
|---|---|---|
| Rôle | Saisie des verdicts et restitution | Instruction préalable du relevé |
| Moment | Pendant et après l'audit | Avant l'audit, et en continu pendant le développement |
| Sortie | Déclaration au modèle officiel, rapport d'audit | Rapport d'anomalies priorisées, consignes de contrôle |
| Éditeur | DINUM, service public | Société privée |
| Tarif | Gratuit | Gratuit, puis 69 € ou 249 € par mois |
La lecture utile de ce tableau : la colonne de gauche ne remplace pas celle de droite, et l'inverse est vrai aussi. Ara ne dégrossira jamais votre relevé ; nous ne produirons jamais une déclaration ayant la même valeur institutionnelle qu'un dépôt sur l'outil de l'État.
Quand Ara suffit
Nous n'avons rien à apporter dans plusieurs situations, et il vaut mieux le dire :
- Vous avez un auditeur certifié dans l'équipe. Une personne qui connaît le référentiel et sait mener un relevé n'a pas besoin qu'on lui signale une anomalie de structure de titres : elle la voit. Notre valeur est de faire gagner du temps à qui n'a pas cette expertise, pas d'en remplacer une qui existe.
- Vous auditez un site de quelques pages, une fois. Le temps d'appropriation d'un outil supplémentaire ne se rentabilise pas sur un périmètre réduit.
- Votre contrainte est budgétaire et absolue. Ara est gratuit et fait correctement le travail pour lequel il est conçu. Un outil payant qui ferait doublon avec du temps humain disponible n'a pas de sens.
Quand une instruction préalable change les choses
- Personne dans l'équipe ne maîtrise le référentiel. Se retrouver devant 106 critères vides sans savoir par où commencer est le point de blocage le plus courant. Un relevé partiellement instruit donne un point de départ.
- Vous auditez en continu, pas une fois par an. Détecter une régression à chaque livraison plutôt qu'au moment du bilan annuel change la nature du travail : les outils d'intégration continue servent à ça.
- Le périmètre est large. Sur un échantillon de plusieurs dizaines de pages, la part mécanique du relevé devient coûteuse à faire à la main.
Le point d'attention sur les livrables
Si votre organisme est soumis à l'obligation légale, votre livrable final est une déclaration d'accessibilité conforme au modèle publié par la DINUM, publiée sur votre site, en application du décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019. Aucun texte n'impose l'outil qui sert à la produire, mais Ara garantit cette conformité de modèle par construction, ce qui explique son adoption dans le secteur public.
De notre côté, nous produisons également une déclaration et des exports, et vous restez libre de reprendre nos constats dans Ara pour la restitution officielle. C'est le trajet que suivent beaucoup d'équipes, et il n'a rien d'un contournement : chaque outil fait ce pour quoi il est fait.
Pour la méthode d'audit elle-même, indépendamment de l'outil, voir notre guide sur la constitution de l'échantillon et la rédaction de la déclaration.
Ce qu'il faut retenir
Ara est un bon outil de saisie, gratuit, officiel, et il ne prétend pas être autre chose. La question n'est pas de savoir lequel est meilleur, mais si vous avez besoin qu'on instruise le relevé avant que vous ne le saisissiez. Si vous avez l'expertise et le temps, la réponse est non, et Ara seul fera le travail.
Si vous voulez voir ce qu'une instruction préalable donne sur vos pages, lancez un audit. Le rapport sépare explicitement ce qui est tranché de ce qui vous revient.
Questions fréquentes
Ara réalise-t-il les tests à ma place ?
Non, et ce n'est pas sa vocation. Ara est un outil de saisie et de restitution : il présente la grille des critères, enregistre vos verdicts (conforme, non conforme, non applicable), gère l'échantillon de pages et produit la déclaration d'accessibilité ainsi que le rapport d'audit. Le relevé lui-même reste à faire, critère par critère et page par page.
Faut-il choisir entre Ara et RGAA Checker ?
Pas nécessairement, et beaucoup d'équipes utilisent les deux. Ils interviennent à des moments différents : RGAA Checker en amont pour dégrossir le relevé et repérer les anomalies, Ara en aval pour consigner les verdicts et produire les livrables officiels. Le choix se pose surtout si vous avez déjà un auditeur expérimenté, auquel cas Ara seul peut suffire.
Ara est-il obligatoire pour publier une déclaration d'accessibilité ?
Non. L'obligation vient du décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019, et le modèle de déclaration est publié par la DINUM. Aucun texte n'impose en revanche l'outil qui sert à la produire. Ara facilite ce travail et garantit la conformité au modèle, ce qui explique son adoption dans le secteur public, mais un document rédigé autrement est tout aussi valable dès lors qu'il en respecte la structure.
Combien de critères RGAA Checker vérifie-t-il vraiment ?
Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2 : 8 sont tranchés automatiquement avec un résultat définitif, 65 sont pré-vérifiés (l'anomalie structurelle est détectée, la pertinence reste à juger par un humain) et 33 relèvent exclusivement de la vérification humaine. Rapporté aux seuls critères applicables à une page donnée, environ 60 % du travail reste manuel. Aucun outil ne prononce la conformité à votre place.
Guides RGAA associés
Pour aller plus loin sur les sujets abordés dans cet article, consultez nos fiches techniques :
Le contraste entre la couleur du texte et la couleur de son arrière-plan doit être suffisamment élevé (4.5:1 pour le texte normal, 3:1 pour le grand texte).
Chaque image porteuse d'information doit avoir une alternative textuelle pertinente via l'attribut alt. Les images décoratives doivent avoir un attribut alt vide.
L'intitulé de chaque lien doit permettre de comprendre sa destination ou sa fonction, soit par l'intitulé seul, soit par l'intitulé complété par son contexte (phrase, titre de section, item de liste ou cellule de tableau).
Vidéos RGAA sur ce thème
Pour voir ces sujets en action, regardez les épisodes vidéo correspondants :
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