RGAA Checker vs Facil'iti : confort de lecture ou conformité ?
En Bref : L'essentiel à retenir
- Facil'iti agit sur l'affichage pour le visiteur qui active un profil. RGAA Checker agit sur votre code, en amont, pour tout le monde.
- Un service d'adaptation visuelle ne produit pas la matière d'une déclaration d'accessibilité : celle-ci porte sur le code livré.
- Les deux ne s'excluent pas, mais l'un ne dispense jamais de l'autre. C'est la confusion la plus fréquente dans les appels d'offres.
- RGAA Checker ne corrige rien à votre place : environ 60 % des critères applicables à une page réclament un jugement humain.
La confusion revient régulièrement dans les appels d'offres : un service d'adaptation de l'affichage et un outil d'audit de conformité y figurent dans la même case, comme deux réponses possibles à la même demande. Ce sont deux besoins distincts, et les confondre se paie au moment de rédiger la déclaration d'accessibilité.
Facil'iti propose au visiteur d'activer un profil qui adapte l'affichage du site à ses préférences. RGAA Checker analyse votre code au regard des 106 critères du RGAA et vous indique quoi corriger.
Deux endroits d'intervention
| Facil'iti | RGAA Checker | |
|---|---|---|
| Agit sur | L'affichage, chez le visiteur qui l'active | Votre code source, via vos corrections |
| Bénéficiaire | Le visiteur qui active un profil | Tous les visiteurs, activation ou non |
| Moment | À la consultation | Avant la mise en ligne, et en continu |
| Produit | Une expérience personnalisée | Un relevé d'anomalies et de points à vérifier |
Le point qui décide de tout : un dispositif d'adaptation ne s'applique qu'aux visiteurs qui l'activent, et ne modifie pas ce que vous avez livré. Un lecteur d'écran, lui, lit le code. Si une image n'a pas d'alternative textuelle, aucun profil d'affichage ne la lui fournira.
Ce qu'une déclaration d'accessibilité exige
C'est là que la distinction cesse d'être théorique. La déclaration d'accessibilité, obligatoire pour les organismes concernés en application du décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019, repose sur un audit des pages telles qu'elles sont livrées : structure des titres, alternatives textuelles, étiquettes de formulaire, navigation au clavier, contrastes, sous-titres.
Un auditeur ouvre vos pages et applique les tests du référentiel. Il constate ce que contient votre code. Un service tiers activable par le visiteur n'entre pas dans ce périmètre, et ne produit donc pas la matière de la déclaration.
Ce n'est pas un jugement sur la qualité du service : c'est une question d'objet. On ne mesure pas la même chose.
Ce qui a une valeur réelle, et ce qu'il faut vérifier
Les fonctions de confort de lecture répondent à des besoins qui existent : agrandissement, espacement, contrastes renforcés, réduction des animations. Un visiteur dyslexique ou malvoyant peut y trouver un bénéfice, et rien n'interdit d'en proposer.
Deux points de vigilance méritent d'être posés avant l'achat :
- Les navigateurs et systèmes d'exploitation offrent déjà une partie de ces réglages, avec l'avantage de s'appliquer à tous les sites plutôt qu'à un seul. Un utilisateur qui a configuré son système n'a pas envie de reconfigurer chaque site qu'il visite.
- Le dispositif doit lui-même être accessible. Un panneau de réglages inatteignable au clavier ou mal restitué par un lecteur d'écran ajoute un obstacle au lieu d'en retirer. C'est à vérifier au même titre que le reste de la page, notamment au regard des critères 7.1 et 12.8.
Le sujet plus large des dispositifs ajoutés en surcouche est traité dans notre analyse technique et juridique des overlays.
Ce que RGAA Checker ne fait pas
Nous n'améliorons l'expérience de personne le jour de l'installation. Notre outil produit un rapport ; le bénéfice arrive quand votre équipe a livré les correctifs. Si vous cherchez un effet visible immédiatement sans mobiliser de ressource de développement, nous ne répondons pas à ce besoin.
Nous ne prononçons pas la conformité. Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2, 8 sont tranchés automatiquement, 65 sont pré-vérifiés et 33 relèvent exclusivement de l'humain. Environ 60 % des critères applicables à une page réclament un jugement humain. Une anomalie détectée est un point à vérifier, pas une non-conformité établie.
Nous ne proposons aucune fonction de personnalisation à vos visiteurs. Ce n'est pas notre objet.
Quand choisir quoi
Un dispositif d'adaptation a du sens si votre site est déjà correct sur le fond et que vous voulez offrir du confort supplémentaire, en connaissance des deux réserves ci-dessus.
Un outil d'audit a du sens si vous devez publier une déclaration, répondre à une obligation légale ou à une clause de marché public, ou faire progresser durablement la qualité de votre code.
Ni l'un ni l'autre ne suffit si les obstacles sont structurels : un tunnel de commande impraticable au clavier, des vidéos sans sous-titres, des formulaires sans étiquettes. Ces situations demandent du travail de conception et de développement, pas un abonnement.
Ce qu'il faut retenir
La question à poser avant l'achat n'est pas « lequel est le meilleur » mais « de quoi ai-je besoin » : offrir du confort à qui l'active, ou pouvoir démontrer que le service livré respecte le référentiel. Les deux réponses sont légitimes, elles ne sont simplement pas interchangeables, et une seule des deux alimente une déclaration.
Pour situer votre code, lancez un audit de votre page. Le rapport sépare ce qui est tranché de ce qui vous revient.
Questions fréquentes
Facil'iti rend-il un site conforme au RGAA ?
Un service d'adaptation de l'affichage n'a pas cet objet. Une déclaration d'accessibilité s'appuie sur un audit des pages telles qu'elles sont livrées, critère par critère : elle porte sur le code, sa structure, ses alternatives textuelles, sa navigabilité au clavier. Un dispositif qui modifie le rendu pour le visiteur qui l'active ne change pas ces éléments, et n'est pas actif pour les visiteurs qui ne l'activent pas.
Faut-il proposer un outil de personnalisation sur son site ?
Rien ne l'interdit et cela peut apporter du confort à certains visiteurs. Deux réserves méritent d'être pesées : les navigateurs et systèmes d'exploitation proposent déjà des réglages d'affichage qui s'appliquent à tous les sites, et un dispositif spécifique doit lui-même être accessible, notamment au clavier et au lecteur d'écran. Le point à ne pas franchir est de le présenter comme un moyen de mise en conformité.
Les deux approches sont-elles compatibles ?
Oui, elles n'agissent pas au même endroit. Un site peut être corrigé à la source et proposer en plus des réglages de confort. L'erreur consiste à substituer le second au premier, ce qui laisse inchangés les obstacles réels : un formulaire sans étiquette, une navigation impraticable au clavier ou une vidéo sans sous-titres le restent quel que soit le profil d'affichage activé.
Que couvre exactement RGAA Checker ?
Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2, 8 sont tranchés automatiquement, 65 sont pré-vérifiés (l'anomalie structurelle est détectée, la pertinence reste à juger) et 33 relèvent exclusivement de la vérification humaine. Rapporté aux critères applicables à une page donnée, environ 60 % du travail reste manuel. Nous signalons et priorisons, votre équipe corrige, et aucun outil ne prononce la conformité à votre place.
Guides RGAA associés
Pour aller plus loin sur les sujets abordés dans cet article, consultez nos fiches techniques :
Chaque image porteuse d'information doit avoir une alternative textuelle pertinente via l'attribut alt. Les images décoratives doivent avoir un attribut alt vide.
Le contraste entre la couleur du texte et la couleur de son arrière-plan doit être suffisamment élevé (4.5:1 pour le texte normal, 3:1 pour le grand texte).
Chaque champ de formulaire doit avoir une étiquette (label) qui lui est liée explicitement.
Vidéos RGAA sur ce thème
Pour voir ces sujets en action, regardez les épisodes vidéo correspondants :
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