Actualités11 juillet 20266 min

Erreurs d'accessibilité les plus fréquentes : le top 10 mesuré (2026)

En Bref : L'essentiel à retenir

  • Sur 285 pages web analysées entre le 11 juin et le 11 juillet 2026, les liens non explicites (critère RGAA 6.1) sont la non-conformité la plus détectée : 68,8 % des pages sont concernées.
  • Les contrastes insuffisants (critère 3.2) touchent 61,4 % des pages, un constat cohérent avec l'étude internationale WebAIM Million.
  • L'absence de lien d'évitement (critère 12.7) concerne 60,4 % des pages alors que la correction tient en quelques lignes de HTML.
  • Ces dix défauts se corrigent en heures, pas en mois : liens explicites, ratios de contraste et hiérarchie de titres relèvent de l'hygiène de base, pas de la refonte.
RGAAAccessibilitéAuditConformitéTests

Pendant trente jours, du 11 juin au 11 juillet 2026, notre scanner a analysé 285 pages web uniques à la demande de leurs responsables. Des sites publics, des e-commerces, des vitrines d'entreprise. En agrégeant ces résultats, un constat s'impose : les mêmes défauts reviennent partout, et ce ne sont pas les plus difficiles à corriger.

Ce billet inaugure notre observatoire des non-conformités. L'idée est simple : publier régulièrement, chiffres réels à l'appui, le palmarès des erreurs d'accessibilité détectées sur les pages analysées par nos utilisateurs. Ni classement de sites, ni palmarès de mauvais élèves : uniquement des statistiques agrégées et anonymes, pour savoir où concentrer l'effort.


D'où viennent ces chiffres

La transparence d'abord. Chaque page compte une seule fois : quand une URL a été analysée plusieurs fois dans le mois, seul le scan le plus récent est retenu. Les analyses internes, les comptes de test et les URLs de développement sont exclus de l'échantillon. Restent 285 pages uniques.

Pour chaque critère RGAA, nous comptons les pages où le scanner a détecté au moins une non-conformité franche. Les cas douteux, ceux que l'outil classe « à vérifier » pour confirmation humaine, ne sont pas comptés. Le pourcentage rapporte ce nombre aux 285 pages de l'échantillon. Rien de plus : nous n'affirmons rien sur les pages restantes, qui peuvent être conformes ou simplement relever d'une vérification humaine que l'automatique ne remplace pas. Et une non-conformité détectée automatiquement reste un constat d'outil : seul un audit complet la transforme en non-conformité établie au sens du RGAA.

Note

Trois biais à garder en tête. L'échantillon est auto-sélectionné : ce sont des pages dont les responsables se préoccupent déjà d'accessibilité, la réalité du web est donc probablement moins flatteuse. L'analyse porte sur des pages, pas sur des sites entiers. Et la détection automatique ne couvre qu'une partie des 106 critères : ces chiffres sont des planchers.

Le top 10 des non-conformités détectées

Critère RGAAPages concernéesPart
6.1 Liens explicites19668,8 %
3.2 Contraste du texte17561,4 %
12.7 Lien d'évitement17260,4 %
6.2 Liens sans intitulé15353,7 %
9.2 Structure du document14249,8 %
9.1 Hiérarchie des titres13647,7 %
7.3 Scripts et clavier13547,4 %
1.2 Images de décoration12543,9 %
10.14 Contenus additionnels12142,5 %
1.1 Alternatives d'images11841,4 %

Trois familles écrasent le classement : les liens, les contrastes, la structure. Aucune ne demande une refonte. Toutes demandent de l'attention.

Des liens qui ne disent rien

Le critère 6.1 du RGAA exige que chaque lien soit explicite : son intitulé, seul ou avec son contexte immédiat, doit annoncer sa destination. Sur 285 pages, 196 sont concernées. C'est la non-conformité la plus détectée de notre échantillon, et de loin la plus banale.

Le coupable est presque toujours le même :

CODE
<!-- Le lecteur d'écran annonce « lien, cliquez ici ». Vers où ? -->
<a href="/rapport-2026.pdf">Cliquez ici</a>

<!-- L'intitulé se suffit à lui-même -->
<a href="/rapport-2026.pdf">Télécharger le rapport annuel 2026 (PDF)</a>

Un utilisateur de lecteur d'écran navigue souvent de lien en lien, sortis de leur contexte. Une page truffée de « cliquez ici », « en savoir plus » et « lire la suite » devient une liste de portes sans étiquette. Le critère voisin 6.2 (un lien doit avoir un intitulé, tout court) touche encore 53,7 % des pages : des icônes cliquables sans texte, des liens vides générés par les CMS.

Quant au lien d'évitement absent sur 60,4 % des pages, sa correction tient en quelques lignes : un lien « Aller au contenu » en tête de page, visible à la prise de focus. Les utilisateurs au clavier économisent des dizaines de tabulations à chaque page.

Des contrastes sous le seuil

Deuxième famille : le contraste du texte, insuffisant sur 61,4 % des pages analysées. Le RGAA exige un ratio de 4,5:1 pour le texte courant. Les gris clairs élégants sur fond blanc, les textes posés sur des images : autant de choix esthétiques qui excluent les personnes malvoyantes et gênent tout le monde en plein soleil.

Ce constat n'a rien de franco-français. L'étude internationale WebAIM Million, qui analyse chaque année un million de pages d'accueil, place elle aussi le contraste insuffisant en tête de ses détections, année après année.

La correction est rarement douloureuse : assombrir un gris, éclaircir un fond. Notre calculateur de contraste donne le ratio exact de n'importe quelle paire de couleurs et propose des ajustements conformes qui restent proches de la teinte d'origine.

Des pages sans squelette

Troisième famille, la structure. Près d'une page sur deux présente une hiérarchie de titres défaillante (47,7 %) : des sauts de niveau, des titres choisis pour leur taille de police plutôt que pour leur logique. La structure du document (critère 9.2) présente des défauts détectés sur 49,8 % des pages : zones d'en-tête, de navigation ou de contenu principal absentes ou mal balisées.

Voilà pour l'invisible. Ces défauts ne se voient pas à l'écran, mais ils privent les utilisateurs de lecteurs d'écran de leur premier outil de navigation : sauter de titre en titre, de région en région, comme on survole une page du regard.

Les images complètent le tableau. 41,4 % des pages contiennent des images porteuses d'information sans alternative textuelle (critère 1.1), et 43,9 % des images de décoration mal neutralisées (critère 1.2) qui polluent la lecture vocale au lieu de s'effacer.

Corrigeable en heures, pas en mois

Ce palmarès a un mérite : il dédramatise. Les non-conformités les plus répandues ne sont pas des chantiers d'architecture. Un intitulé de lien se réécrit en une minute. Un ratio de contraste s'ajuste dans une feuille de styles. Un lien d'évitement s'ajoute une fois pour tout le site. Une hiérarchie de titres se rétablit dans un gabarit.

La difficulté n'est pas technique, elle est organisationnelle : personne n'a regardé. C'est exactement ce que pointait la Cour des comptes dans son rapport sur l'accessibilité des services publics numériques, et ce qui a valu à un grand site public la première mise en demeure de l'Arcom sur le fondement du RGAA.

Notre baromètre des communes racontait la même histoire à l'échelle des collectivités. L'observatoire la racontera désormais chaque mois à l'échelle des pages analysées : mêmes causes, mêmes remèdes, et des remèdes à portée de main.


Conclusion

Premier enseignement de cet observatoire : l'accessibilité du web ne bute pas sur des problèmes complexes, elle bute sur des liens muets, des gris trop clairs et des pages sans structure. Dix défauts concentrent l'essentiel des détections, et chacun se corrige vite une fois identifié.

Pour savoir où en est votre propre site, lancez une analyse gratuite : vous saurez en quelques minutes lesquelles de ces dix non-conformités vous concernent, page par page, avec les corrections à apporter. Rendez-vous le mois prochain pour le deuxième numéro.

Questions fréquentes

Quelles sont les erreurs d'accessibilité les plus courantes sur les sites web ?

Sur les pages que nous avons analysées entre le 11 juin et le 11 juillet 2026, les trois défauts les plus détectés sont les liens non explicites (68,8 % des pages), les contrastes de texte insuffisants (61,4 %) et l'absence de lien d'évitement pour la navigation clavier (60,4 %). Les problèmes de structure de titres et d'alternatives d'images suivent de près.

Un scanner automatique suffit-il pour vérifier l'accessibilité d'un site ?

Non. Une partie des 106 critères RGAA exige une vérification humaine : pertinence d'une alternative, cohérence d'un intitulé, compréhension d'un contenu. Un scanner détecte de manière fiable une partie des non-conformités, ce qui suffit pour prioriser les corrections, mais un audit complet combine détection automatique et contrôle manuel.

Par où commencer pour corriger l'accessibilité de son site ?

Commencez par les défauts massifs et peu coûteux : rendre les intitulés de liens explicites, remonter les contrastes de texte au ratio 4,5:1, ajouter un lien d'évitement et rétablir une hiérarchie de titres propre. Ces corrections couvrent une grande partie des non-conformités les plus fréquentes et se traitent en heures.

Votre site est-il conforme ?

Ne prenez pas de risques avec l'accessibilité. Lancez un audit complet de votre site en quelques minutes et obtenez un rapport détaillé des corrections à apporter.