Série RGAA en pratique · Épisode 1 · 5 min

Ta vidéo, trois personnes ne la reçoivent pas pareil

Sous-titres, transcription, audiodescription : trois livrables différents, souvent confondus.

Publié le 2 septembre 2026.Consulter la transcription de la vidéoVoir sur YouTube (nouvelle fenêtre)

Chapitres

  1. 0:00Situations du quotidien (nouvelle fenêtre, YouTube)
  2. 0:32Sous-titres, transcription, audiodescription (nouvelle fenêtre, YouTube)
  3. 0:59Média temporel ou non temporel ? (nouvelle fenêtre, YouTube)
  4. 1:40Sous-titres, transcription, audiodescription (parcours) (nouvelle fenêtre, YouTube)
  5. 2:33Une piste de sous-titres qu’on peut activer (nouvelle fenêtre, YouTube)
  6. 3:07La piste de sous-titres en HTML (nouvelle fenêtre, YouTube)
  7. 3:40Le son qui démarre tout seul (nouvelle fenêtre, YouTube)
  8. 4:15Checklist (nouvelle fenêtre, YouTube)
  9. 4:47CTA (nouvelle fenêtre, YouTube)

Transcription

Texte intégral de la narration de l’épisode.

Situations du quotidien

Tu publies une vidéo. Pour toi, tout est clair : il y a l’image, il y a le son. Mais imagine trois situations. Une personne sourde ou malentendante : elle voit l’image, mais les dialogues et les sons utiles lui échappent. Une personne aveugle : elle entend la bande son, mais tout ce qui se passe visuellement à l’écran lui reste invisible. Et toi-même, dans un open space bruyant ou dans une salle où le son doit rester coupé : tu regardes sans entendre. Trois personnes, une seule vidéo, trois besoins différents. Le RGAA répond à ça avec la thématique multimédia.

Sous-titres, transcription, audiodescription

Dans cette thématique, trois mots reviennent tout le temps, et on les mélange souvent : sous-titres, transcription, audiodescription. Ce ne sont pas trois façons de dire la même chose. Chacun répond à un manque précis, pour un public précis. Et le bon réflexe, ce n’est pas d’en faire le plus possible au hasard : c’est de regarder quel type de média tu as, et d’en déduire ce dont il a vraiment besoin. On termine par un piège fréquent : le son qui se déclenche tout seul.

Média temporel ou non temporel ?

Avant de choisir un livrable, il faut nommer ce que tu as sous les yeux. Un média temporel, c’est un contenu qui se déroule dans le temps : une vidéo, un enregistrement audio, une animation. Il a un début, une fin, une durée. Un média temporel synchronisé, c’est le cas où l’image et le son avancent ensemble, comme une vidéo avec sa bande son : c’est le critère 4.3 qui parle de sous-titres. Un média non temporel, lui, ne se déroule pas dans le temps : une carte interactive, un diaporama, un contenu qu’on consulte sans le lancer. C’est le critère 4.8 qui demande une alternative si nécessaire. Ce classement n’est pas de la théorie : c’est lui qui te dit quel critère s’applique et quel livrable produire.

Sous-titres, transcription, audiodescription (parcours)

Passons aux trois livrables, dans l’ordre. Commençons par les sous-titres synchronisés, critère 4.3. Ce sont les dialogues à l’écrit, plus les sons qui portent du sens, une porte qui claque, une musique qui change l’ambiance. Le tout calé sur l’image, au bon moment. C’est pour la personne qui n’entend pas, ou qui a coupé le son. La transcription textuelle, critère 4.1, c’est autre chose : c’est tout le contenu du média mis à l’écrit, dans un texte complet qu’on peut lire au calme, à son rythme, et qu’un lecteur d’écran peut parcourir. Pas besoin de lancer la vidéo pour tout comprendre. L’audiodescription, critère 4.5, répond au manque inverse : quand l’image montre des choses que le son ne dit pas, une piste de voix vient décrire l’essentiel du visuel, glissée dans les silences de la bande son. C’est ce qui rend une vidéo compréhensible pour une personne aveugle. Trois manques, trois réponses : tu ne remplaces pas l’un par l’autre.

Une piste de sous-titres qu’on peut activer

Concrètement, à quoi ça ressemble dans un lecteur ? Regarde cette maquette. Le lecteur affiche un bouton de sous-titres, souvent noté CC : on peut les activer et les désactiver. Ce n’est pas une image de sous-titres incrustée de force, c’est une vraie piste que l’utilisateur commande. L’utilisateur reste maître : il active s’il en a besoin, il coupe sinon. Et sous le lecteur, un lien mène à la transcription textuelle complète, exactement comme le décrit le critère 4.1, accessible via un lien ou un bouton. Deux besoins couverts au même endroit, sans que l’un gêne l’autre.

La piste de sous-titres en HTML

En HTML, ça tient à peu de choses. À gauche, une balise vidéo seule : elle se lit, mais il n’y a aucune piste de sous-titres. À droite, on ajoute une balise track qui pointe vers un fichier de sous-titres. Le détail qui compte : l’attribut kind vaut captions. C’est exactement ce que vérifie le test 4.3.2 du RGAA. Captions, ça veut dire sous-titres pour l’accessibilité, ceux qui incluent les informations sonores utiles, pas seulement une traduction. Une petite balise, mais c’est elle qui rend les sous-titres réellement disponibles.

Le son qui démarre tout seul

Un dernier cas, souvent oublié : le son qui se déclenche tout seul. Une bannière vidéo qui démarre au chargement, une musique d’ambiance qui se lance sans prévenir. Pour une personne qui utilise un lecteur d’écran, ce son se superpose à la voix de synthèse et rend la page incompréhensible. Et pour tout le monde, c’est juste pénible. Le critère 4.10 demande que ce son déclenché automatiquement soit contrôlable : soit rien ne démarre sans action de l’utilisateur, soit tu proposes un contrôle visible pour l’arrêter ou baisser le volume immédiatement. Le bon réflexe le plus simple : ne rien lancer automatiquement.

Checklist

Récapitulons avec une checklist courte. Des sous-titres synchronisés, avec les dialogues et les sons utiles : critère 4.3. Une transcription textuelle complète, accessible par un lien à côté du média : critère 4.1. Une audiodescription quand l’image montre des choses que le son ne dit pas : critère 4.5. Et aucun son qui démarre sans qu’on puisse l’arrêter tout de suite : critère 4.10. Tu n’as pas toujours besoin des quatre en même temps : tu pars du média et de ce qui manque à chaque public.

CTA

Le meilleur test tient en deux minutes : reprends une de tes vidéos, regarde-la une fois sans le son, puis écoute-la les yeux fermés. Ce qui te manque à chaque fois, c’est exactement ce qu’il faut ajouter. Commence par la transcription, c’est souvent le socle le plus utile. Sur RGAA Checker, un outil de transcription peut te faire gagner du temps sur ce premier jet, qu’il te restera à relire et à compléter. Pour analyser une page et prioriser tes chantiers d’accessibilité, rendez-vous sur RGAA Checker point com.

Approfondir dans le guide

Cet épisode aborde ces critères du RGAA 4.1.2. Ouvre leur fiche pour la méthode de test détaillée, les cas particuliers et les exemples.

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La vidéo pose le cadre. Pour repérer des pistes d’amélioration sur un site réel, lance une analyse ou explore le guide des 106 critères.