Série RGAA en pratique · Épisode 5 · 4 min

Ça bouge tout seul, et ça n’attend pas ton feu vert

Contenu en mouvement, carrousels en autoplay, clignotements : le critère 13.8 du RGAA demande que tu gardes le contrôle.

Publié le 16 septembre 2026.Consulter la transcription de la vidéoVoir sur YouTube (nouvelle fenêtre)

Chapitres

  1. 0:00Situations du quotidien (nouvelle fenêtre, YouTube)
  2. 0:25Le mouvement doit rester sous ton contrôle (nouvelle fenêtre, YouTube)
  3. 0:56Carrousel : autoplay vs contrôle (nouvelle fenêtre, YouTube)
  4. 1:22Deux seuils à ne pas confondre (nouvelle fenêtre, YouTube)
  5. 2:00Le mouvement n’est pas neutre (nouvelle fenêtre, YouTube)
  6. 2:42Respecter prefers-reduced-motion (nouvelle fenêtre, YouTube)
  7. 3:27Checklist (nouvelle fenêtre, YouTube)
  8. 3:56CTA (nouvelle fenêtre, YouTube)

Transcription

Texte intégral de la narration de l’épisode.

Situations du quotidien

Tu ouvres une page, et déjà tout bouge. Un carrousel enchaîne ses vues avant que tu aies fini de lire la première. Une bannière clignote et t’arrache le regard. En faisant défiler, des blocs glissent, zooment, se décalent. Pour beaucoup de monde, c’est juste agaçant. Pour d’autres, c’est un vrai problème : perte de fil, fatigue, et parfois nausées ou vertiges. Le RGAA a un critère précis pour ça. On le regarde ensemble.

Le mouvement doit rester sous ton contrôle

Le critère 13.8 pose une question simple : dans chaque page, chaque contenu en mouvement ou clignotant est-il contrôlable par l’utilisateur ? Concrètement, dès qu’une animation se déclenche toute seule, tu dois pouvoir garder la main. Bonne nouvelle : une seule solution bien faite suffit. Soit le mouvement dure très peu de temps, soit tu peux l’arrêter et le relancer, soit tu peux le masquer, soit l’information reste accessible sans le mouvement. Un piège à connaître tout de suite : mettre en pause uniquement au survol ou au focus ne suffit pas à valider le critère.

Carrousel : autoplay vs contrôle

Prenons le cas le plus courant : le carrousel. À éviter : un défilement automatique sans aucun bouton, qui se fige seulement quand la souris passe dessus. Une personne au clavier, ou qui lit lentement, n’a aucune prise. Ce qu’on veut : un bouton pause clairement visible, qui arrête réellement le défilement et permet de le relancer. Le contrôle doit fonctionner pour tout le monde, pas seulement à la souris, et laisser continuer à utiliser le reste de la page.

Deux seuils à ne pas confondre

Deux seuils à ne pas confondre. Pour le critère 13.8, un mouvement qui se déclenche tout seul est accepté sans contrôle s’il dure cinq secondes ou moins. Au-delà, il faut une des solutions dont on a parlé. À côté, le critère 13.7 vise les changements brusques de luminosité et les effets de flash : là, l’enjeu c’est l’épilepsie photosensible. La règle du RGAA : rester sous trois flashs par seconde, ou garder la surface qui clignote très petite. Un flash trop grand et trop rapide peut déclencher une crise. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de sécurité.

Le mouvement n’est pas neutre

Pourquoi le RGAA insiste autant ? Parce que le mouvement à l’écran a un vrai coût pour certaines personnes. Les troubles vestibulaires, liés à l’équilibre, peuvent transformer une simple parallaxe en nausée ou en vertige. Pour les personnes qui ont du mal à filtrer leur attention, une animation qui boucle capte le regard en continu et empêche de se concentrer. Et pour tout le monde, un texte qui défile ou qui clignote, c’est une phrase qu’on n’arrive pas à finir. Attention à la nuance : quand le mouvement fait partie de la fonction elle-même, comme une barre de progression qui montre l’avancement d’un téléchargement, on ne peut pas l’arrêter, et là le critère est Non Applicable. Le but n’est pas de tout figer, c’est de rendre la main quand le mouvement est décoratif.

Respecter prefers-reduced-motion

Au delà du critère, il y a un réflexe technique très utile : la règle CSS prefers-reduced-motion. Dans leur système, beaucoup de gens activent une option « réduire les animations ». Cette règle te permet de détecter ce choix et de couper ou d’adoucir tes animations pour ces personnes uniquement, sans rien changer pour les autres. En haut, une animation imposée à tout le monde. En bas, la même animation neutralisée quand l’utilisateur a demandé moins de mouvement. Attention : prefers-reduced-motion n’est pas un critère du RGAA, c’est une bonne pratique alignée sur les recommandations WCAG. Ça ne remplace pas le contrôle exigé par 13.8, ça le complète intelligemment.

Checklist

Checklist rapide à passer sur tes pages. Chaque animation qui démarre toute seule et dure plus de cinq secondes offre un vrai moyen de l’arrêter, de la masquer, ou de lire l’info sans elle. Ton bouton pause fonctionne au clavier, et pas uniquement quand la souris survole. Aucun effet ne flashe vite et large au point de poser un risque. Et tu respectes prefers-reduced-motion pour couper les animations décoratives quand la personne l’a demandé. Quatre points, et déjà une page beaucoup plus confortable et plus sûre.

CTA

Un exercice pour cette semaine. Trouve une animation qui se déclenche toute seule sur ton site. Chronomètre la : dépasse-t-elle cinq secondes ? Essaie de l’arrêter, au clavier cette fois. Puis ajoute un repli prefers-reduced-motion. Tu verras, ces petits gestes changent beaucoup pour beaucoup de monde. Pour analyser une page et repérer ce genre de points, rendez-vous sur RGAA Checker point com. On se retrouve au prochain épisode.

Approfondir dans le guide

Cet épisode aborde ces critères du RGAA 4.1.2. Ouvre leur fiche pour la méthode de test détaillée, les cas particuliers et les exemples.

Passer à l’action

La vidéo pose le cadre. Pour repérer des pistes d’amélioration sur un site réel, lance une analyse ou explore le guide des 106 critères.