RGAA Checker vs accessiBe : overlay ou correction du code ?
En Bref : L'essentiel à retenir
- Ce ne sont pas deux versions du même produit : un overlay modifie la page à l'affichage, un outil d'audit vous fait corriger le code source.
- En janvier 2025, la FTC a obtenu d'accessiBe le paiement d'un million de dollars et lui interdit d'affirmer sans preuve que ses produits automatisés rendent un site conforme aux WCAG.
- Une déclaration de conformité RGAA porte sur le code livré : elle ne peut pas reposer sur un script tiers chargé côté navigateur.
- RGAA Checker ne corrige rien à votre place et ne prononce pas la conformité : environ 60 % des critères applicables à une page réclament un jugement humain.
Vous hésitez entre installer un script d'accessibilité et lancer un audit. Ce n'est pas le même arbitrage que choisir entre deux outils comparables : les deux approches n'agissent pas au même endroit et ne produisent pas le même résultat.
Un overlay comme accessWidget, édité par accessiBe, s'ajoute à votre page et intervient au moment de l'affichage, dans le navigateur du visiteur. Un outil d'audit comme RGAA Checker ne touche pas à votre site : il examine ce que vous livrez et vous indique quoi corriger dans le code.
Cet article expose ce que chaque approche permet, ce qu'elle ne permet pas, et dans quels cas nous ne sommes pas le bon choix.
Deux points d'action différents
| accessWidget (accessiBe) | RGAA Checker | |
|---|---|---|
| Agit sur | Le rendu dans le navigateur | Votre code source, via vos corrections |
| Qui exécute | Le script, à chaque visite | Votre équipe, une fois |
| Effet à l'arrêt de l'abonnement | Le comportement ajouté disparaît | Les corrections restent dans le code |
| Charge sur le site | Un script tiers à charger | Aucune, l'analyse est externe |
Cette différence de point d'action commande tout le reste. Elle explique pourquoi un overlay produit un résultat immédiat et pourquoi ce résultat ne se cumule pas : le code livré reste identique.
Ce que la FTC a établi
Le sujet des overlays est chargé d'opinions. Il existe pourtant un élément factuel et vérifiable, qui vaut mieux que n'importe quel argumentaire.
En janvier 2025, la Federal Trade Commission américaine a annoncé une plainte et une ordonnance obligeant accessiBe à verser un million de dollars, approuvée définitivement en avril 2025. Les points retenus par la FTC :
- L'outil accessWidget ne rendait pas conformes aux WCAG l'ensemble des sites de ses clients, alors que la société l'affirmait ; la FTC a qualifié ces affirmations de fausses, trompeuses ou non étayées.
- La société avait présenté des articles et avis de tiers comme des opinions indépendantes, sans divulguer les liens qui l'unissaient à leurs auteurs.
- L'ordonnance lui interdit désormais d'affirmer que ses produits automatisés rendent un site conforme aux WCAG, ou maintiennent cette conformité dans le temps, sans disposer des preuves à l'appui. Elle lui impose aussi de divulguer les limites de périmètre de ses produits automatisés avant tout engagement financier du client.
Il faut lire cette décision pour ce qu'elle est : elle porte sur des allégations commerciales, pas sur une interdiction du produit. Un overlay reste un logiciel qu'on peut installer. Ce qui est désormais encadré, c'est la promesse de conformité qui l'accompagnait.
Ce que cela change pour une déclaration RGAA
En France, la question se pose différemment de la conformité WCAG américaine, et de façon plus concrète.
Une déclaration d'accessibilité repose sur un audit mené sur un échantillon de pages, critère par critère, sur le service tel qu'il est livré. L'auditeur examine le code et le comportement des pages. Un script chargé dans le navigateur du visiteur ne modifie pas ce que vous avez livré, et son effet dépend de sa disponibilité au moment de la visite.
Autrement dit : quel que soit le jugement qu'on porte sur les overlays, ils ne produisent pas la matière sur laquelle une déclaration s'appuie. Le sujet est développé dans notre analyse technique et juridique des overlays et dans le guide de la rédaction d'une déclaration d'accessibilité.
Ce que RGAA Checker ne fait pas
Un comparatif où l'auteur gagne sur toute la ligne n'apprend rien. Voici nos limites, énoncées franchement.
Nous ne corrigeons rien. Nous signalons, nous expliquons, nous priorisons. Le travail de correction revient à votre équipe. Si vous cherchez un dispositif qui agisse sans intervention de votre part, notre outil ne répond pas à ce besoin, et aucun outil honnête ne le fera.
Nous ne prononçons pas la conformité. Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2, 8 sont tranchés automatiquement, 65 sont pré-vérifiés (nous détectons l'anomalie structurelle, la pertinence reste à juger) et 33 relèvent exclusivement de l'humain. Rapporté aux seuls critères réellement applicables à une page donnée, environ 60 % du travail reste manuel. Une anomalie détectée n'est pas une non-conformité établie.
Nous n'améliorons rien pour l'utilisateur final tant que vous n'avez pas corrigé. Un overlay produit un effet le jour de son installation. Notre outil produit un effet le jour où votre équipe a livré les correctifs. Si votre contrainte est un délai de quelques jours sans ressource de développement disponible, c'est une différence qui compte, et il faut la regarder en face plutôt que la balayer.
Quand choisir quoi
Un outil de personnalisation côté utilisateur a du sens si vous voulez offrir des réglages de confort (taille de texte, contraste, espacement) en complément d'un site déjà correct. Ces fonctions ont une valeur pour certains utilisateurs. La réserve : les navigateurs et systèmes d'exploitation en proposent déjà une bonne partie, et de façon universelle plutôt que site par site.
RGAA Checker a du sens si vous devez publier une déclaration d'accessibilité, répondre à une obligation légale, ou faire progresser durablement la qualité de votre code, et que vous disposez d'une équipe capable d'appliquer des correctifs.
Aucun des deux ne suffit si votre site présente des problèmes structurels profonds : navigation impraticable au clavier, parcours de commande inutilisable, contenus multimédias sans alternative. Ces situations demandent un travail de conception, pas un outil.
Ce qu'il faut retenir
La question n'est pas de savoir quel produit est le meilleur, mais ce que vous cherchez à obtenir. Un effet immédiat sur le rendu, ou un code qui s'améliore et sur lequel une déclaration peut s'appuyer. Ce sont deux objets différents, et l'ordonnance de la FTC de janvier 2025 a précisément porté sur la confusion entre les deux.
Pour voir où en est votre code, lancez un audit de votre page. Le rapport distingue ce qui est tranché de ce qui reste à vérifier, sans prononcer une conformité que seul un audit humain peut établir.
Questions fréquentes
Un overlay d'accessibilité peut-il rendre mon site conforme au RGAA ?
Une déclaration d'accessibilité RGAA porte sur le service tel qu'il est livré, et un audit se mène sur les pages et leur code. Un script tiers chargé dans le navigateur ne modifie pas ce code, et son comportement dépend de sa disponibilité au moment de la visite. Sur le plan factuel, l'ordonnance de la FTC de janvier 2025 interdit désormais à accessiBe d'affirmer que ses produits automatisés rendent un site conforme aux WCAG, ou maintiennent cette conformité dans le temps, sans disposer des preuves à l'appui.
Qu'a exactement décidé la FTC au sujet d'accessiBe ?
La Federal Trade Commission américaine a annoncé en janvier 2025 une plainte et une ordonnance obligeant accessiBe à verser un million de dollars, approuvée définitivement en avril 2025. La FTC alléguait que l'outil accessWidget ne rendait pas tous les sites de ses clients conformes aux WCAG et que ces affirmations étaient fausses, trompeuses ou non étayées. Elle reprochait aussi à la société d'avoir présenté des articles et avis de tiers comme des opinions indépendantes sans divulguer ses liens avec leurs auteurs.
RGAA Checker corrige-t-il mon site automatiquement ?
Non, et c'est une différence de nature avec un overlay. Nous détectons des anomalies et vous indiquons quoi corriger dans votre code : la correction est faite par votre équipe. Sur les 106 critères du RGAA 4.1.2, 8 sont tranchés automatiquement, 65 sont pré-vérifiés (l'anomalie structurelle est détectée, la pertinence reste à juger) et 33 relèvent exclusivement de l'humain.
Dans quel cas un outil de personnalisation côté utilisateur a-t-il du sens ?
Les fonctions de confort de lecture (agrandissement, changement de contraste, police adaptée) ont une valeur réelle pour certains utilisateurs, et rien n'interdit d'en proposer. Le point de vigilance est de ne pas les présenter comme un dispositif de mise en conformité, ni comme un substitut à la correction du code. Les navigateurs et systèmes d'exploitation offrent d'ailleurs déjà une bonne partie de ces réglages, avec l'avantage de s'appliquer à tous les sites.
Guides RGAA associés
Pour aller plus loin sur les sujets abordés dans cet article, consultez nos fiches techniques :
L'intitulé de chaque lien doit permettre de comprendre sa destination ou sa fonction, soit par l'intitulé seul, soit par l'intitulé complété par son contexte (phrase, titre de section, item de liste ou cellule de tableau).
Chaque image porteuse d'information doit avoir une alternative textuelle pertinente via l'attribut alt. Les images décoratives doivent avoir un attribut alt vide.
Le contraste entre la couleur du texte et la couleur de son arrière-plan doit être suffisamment élevé (4.5:1 pour le texte normal, 3:1 pour le grand texte).
Vidéos RGAA sur ce thème
Pour voir ces sujets en action, regardez les épisodes vidéo correspondants :
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